LORNA McNEE

« Le genre n’a pas sa place en cuisine »

Lorna McNee, 31 ans, est l’une des stars montantes de la scène gastronomique britannique. Son parcours est aussi impressionnant qu’inspirant : en tout juste une décennie, la jeune femme a gravi les échelons de commis de cuisine à sous-chef au sein de l’un des restaurants les plus dynamiques d’Écosse − et le seul à disposer de deux étoiles au guide Michelin : le restaurant Andrew Fairlie.

Sa carrière a débuté avec une bonne dose d’audace : une tape sur l’épaule pour demander un emploi à l’homme qui deviendrait plus tard son mentor. Aujourd’hui encore, Lorna travaille avec cette même audace et un dévouement sans égal : elle a remporté les prix Game Chef of the Year en 2016 et Scottish Chef of the Year en 2017. Loin de reculer devant de nouveaux défis, elle concourt également face aux meilleurs chefs du pays dans l’émission Great British Menu. Pour notre programme « Femmes en vue », elle a accepté de retirer un instant sa toque de cheffe et discuter avec nous de son travail, de son engagement, et de tout ce qui fait d’elle une personne incontournable de la cuisine écossaise !

Selon vous, quels sont les éléments clés pour que les femmes (ainsi que les hommes) s’épanouissent et progressent dans notre secteur, et en tant que chefs ?hui ?

Je pense que la détermination joue un rôle essentiel. Travailler dur, être dévoué, et savoir ce que l’on veut dans la vie. Quand on a cette vision, qu’on sait où on en est et où on veut aller, on peut surmonter tous les obstacles. Quand j’ai postulé auprès d’Andrew Fairlie, il m’a dit d’y réfléchir une semaine et de revenir le voir si j’étais toujours intéressée. C’est ce que j’ai fait.

« Je suis revenue une semaine plus tard en sachant exactement ce que je voulais faire, et en étant consciente de ce dans quoi je me lançais. »

Parcours de Lorna McNee

  • 2008 : Employée au restaurant Andrew Fairlie de l’hôtel Gleneagles.
  • 2016 : Game Chef of the Year.
  • 2017 : Scottish Chef of the Year.
  • 2018 : Participante au Great British Menu.

Au cours de votre carrière, avez-vous eu la possibilité de collaborer avec beaucoup de femmes ou avez-vous travaillé au sein d’un environnement majoritairement masculin ?

J’ai travaillé au sein d’environnements majoritairement masculins, et même si je pense qu’il est nécessaire d’avoir un certain équilibre, je pense surtout que le genre n’a pas sa place en cuisine. Hommes ou femmes, nous faisons tous la même chose : apprendre et cuisiner, et c’est tout ce qui compte. Tout le monde devrait être traité de la même façon, car tout le monde fait – ou doit faire – de son mieux ! Au restaurant Andrew Fairlie, nous sommes tous traités sur un pied d’égalité, et seuls comptent le talent et l’engagement. On est tous là pour se soutenir les uns les autres.

Vous avez participé au Great British Menu, une compétition qui met à l’honneur les plus grands chefs du Royaume-Uni, quels étaient vos objectifs ?

Quand j’ai débuté en tant que jeune cheffe, je regardais le Great British Menu et pouvais y voir des chefs absolument incroyables. Quand on m’a invitée à y participer à mon tour, j’ai été très émue : c’était un rêve devenu réalité, j’avais atteint le niveau des idoles que j’admirais. C’était un immense défi !

Des études ont souligné l’importance des modèles pour encourager et inspirer les femmes à se lancer dans le secteur de la gastronomie. Est-ce important pour vous de participer à de telles compétitions et d’être présente dans les médias pour montrer que les femmes peuvent occuper les mêmes postes que les hommes ?

Pour moi, il est important d’être un modèle pour les jeunes chefs. J’admirais les chefs qui participaient au Great British Menu pour leurs carrières, alors j’espère inspirer les nouvelles générations à mon tour ! C’est bien sûr très important, et j’espère voir de plus en plus de femmes atteindre des postes élevés en cuisine, c’est un environnement particulièrement intense, mais très gratifiant pour quiconque se donne à fond.

Vous travaillez au sein du seul restaurant deux étoiles d’Écosse depuis douze ans maintenant, quelles sont quelques-unes des règles de base pour toujours rester performante au sommet ? Qu’est-ce qui vous tient motivée ? Et comment partagez-vous cette motivation ?

Je crois qu’il faut en permanence s’auto-motiver. En tant que chef, mais également en tant que mentor, il faut toujours explorer des choses nouvelles, des ingrédients nouveaux. Apporter de la nouveauté au quotidien dans son travail. Rester curieux, et surtout partager sa passion et sa curiosité. Pour former de jeunes chefs, il faut entretenir leur intérêt, les mettre au défi et proposer de nouvelles idées, car ils sont là pour apprendre et se battre.

Avez-vous eu l’impression de devoir travailler d’autant plus dur que vous étiez une femme ?

J’ai eu la chance d’être formée et d’apprendre auprès d’un chef extrêmement passionné, gentil et talentueux. Par conséquent, je n’ai jamais subi de différences de traitement. On reçoit tous le même enseignement, on apprend à donner le maximum, et tout repose sur le mérite et le talent. À un tel niveau d’excellence, il n’y a pas de place pour les concessions. 

De plus en plus de femmes rejoignent le secteur de la gastronomie avec l’ambition de s’y épanouir. Quel conseil leur donneriez-vous pour les aider à accomplir une carrière comme la vôtre ?

Je leur recommanderais d’apprendre de leurs erreurs, d’essayer de les comprendre afin que celles-ci ne pèsent pas sur leur apprentissage et ne se reproduisent pas.

« Travailler dur, rester passionnées et emmagasiner autant de connaissances que possible ! Ne pas se laisser décourager. Le genre n’a pas sa place en cuisine ; seules les compétences et la persévérance comptent. »

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